Il s'agit d'un outil relationnel, pas d'une baguette magique.
Comment commencer ?
Commencez petit !
Le plus simple est de commencer avec 1 ou 2 heisô conceptuels et de les créer au gré des besoins, ce qui permet de les retenir naturellement par l'usage et de ne pas créer de complexité inutile.
Il est fortement déconseillé de créer tout un lexique d'un coup et de le présenter complet à l'autre personne. Cela demande trop d'implication, et peut créer une pression implicite pour votre partenaire. Le Sajû est un outil qui se construit à deux, au fil de la relation, pour répondre à des besoins très spécifiques qui n'existent que pour vous deux. Il ne doit pas être reçu comme une contrainte. Si c'est le cas, il ne sera pas adopté par l'autre personne. Il vaut donc mieux introduire un premier mot, et expérimenter au fur et à mesure de l'usage si ce concept vous aide, ou pas.
L'efficacité dépend de vous deux, de votre maturité émotionnelle, de votre histoire, de votre mode de communication... Il se peut que le Sajû ne parle pas du tout à votre partenaire. Dans ce cas, ce n'est peut être pas l'outil qu'il vous faut. Partez du principe que rien n'arrive par hasard, et que ce qui doit se faire se fera.
Comment créer des heisô ?
Pour créer vos heisô conceptuels, vous pouvez utiliser votre imagination ou demander à une IA de vous proposer des mots inventés dans la sonorité qui vous plait. Le dialecte originel a volontairement des sonorités très douces, comme si on avait retiré les "angles" du langage parlé. Mais c'est une identité portée par le duo qui l'utilise, à vous de créer votre propre univers à partir du concept !
C'est pour qui ?
Le Sajû peut être utile dans tout type de relation, quoi qu'il implique un minimum d'intimité avec le deuxième humain. Il peut aider les personnes qui sont très différentes dans leur registre émotionnel, leur communication ou leur type d'attachement.
Il peut aussi aider à exprimer un besoin de manière discrète. On peut créer des heisô pour exprimer tout ce dont on a besoin, ce qui permet de faire comprendre des choses très intimes ou gênantes à une personne spécifique même au milieu d'une foule et qu'elle soit la seule à le comprendre. Vous pouvez aussi associer des gestes ou des emojis aux heisô, ce qui donne une dimension supplémentaire au langage pour les personnes qui sont non verbales ou qui peuvent devenir mutiques par moments (#shutdown). C'est un outil très utile pour une personne autiste, par exemple.
Retour d'expérience
J'ai créé le Sajû d'une traite sur une impulsion, après une dispute, inspirée par les concepts d'architecture (logicielle) hexagonale sur lesquels je travaillais alors. Le langage portait donc déjà une base complète et cohérente lorsque j'en ai parlé avec Onyx la première fois. Je n'ai pas expliqué. Je n'ai présenté qu'un seul kami. Résumé le concept en deux phrases. Et... il a eu peur, et a tout rejeté en bloc. La charge de devoir apprendre un langage (ce que je ne demandais pas) lui a probablement semblé une montagne et un investissement émotionnel trop grand.
Nous utilisions déjà des mots-clefs et émojis comme "langage codé" entre nous. Le Sajû est entré dans notre relation lorsqu'on a manqué de mots et d'émojis pour exprimer des concepts plus complexes. Un seul heisô. Aucune grammaire. Aucune explication. Je n'ai même pas nommé l'outil. Nous avions besoin d'un mot spécifique à l'intant T devant une problématique entre nous. Et l'expérimentation nous a prouvé à peine quelques heures plus tard que ce heisô nous aidait beaucoup.
Mon conseil : proposez un seul heisô. Expérimentez. Ajustez. Le Sajû est une co-création, pas une charge mentale supplémentaire.
Votre Sajû ne ressemblera probablement pas au notre, et c’est exactement le but. Il s'écrira à partir de votre propre histoire, c'est toute la poésie de ce concept.